DÉFINITIONS

Alphabétisation

L’alphabétisation s’adresse aux personnes ayant des difficultés importantes de lecture, d’écriture ou de calcul. Ces compétences minimales sont nécessaires pour bien fonctionner en société, puisqu’elles permettent d’accéder au marché du travail, de poursuivre son développement personnel et d’exercer ses rôles sociaux (parent, citoyen, consommateur, etc.).

 

Francisation

La francisation permet aux adultes pour qui le français n’est pas la langue maternelle d’acquérir des connaissances de base en français oral et écrit et, dans le cas des allophones immigrants, d’acquérir les aptitudes requises pour s’intégrer dans la collectivité québécoise tout en préparant leur passage à des études subséquentes ou au marché du travail.

 

Alpha-francisation

L’alpha-francisation permet aux adultes pour qui le français n’est pas la langue maternelle et qui ne savent pas lire ni écrire dans leur langue maternelle d’acquérir des connaissances de base en français oral et écrit.

 

Compétences essentielles

Les compétences essentielles comprennent les compétences associées à l'alphabétisation (c’est-à-dire : la lecture, l’écriture, l’utilisation des documents), mais vont au-delà pour inclure également la capacité de raisonnement, la communication orale, l’informatique/compétences numériques, le travail d’équipe et les compétences liées à l'apprentissage continu. Elles sont à la base de l’apprentissage de toutes les autres compétences et permettent aux gens de mieux se préparer à obtenir et à conserver un emploi ainsi qu’à s'adapter et réussir au travail.

PERSONNES ANALPHABÈTES

Avec le développement fulgurant des technologies de l’information, savoir lire et écrire efficacement est un incontournable. Au Québec de nos jours, l’analphabétisme complet existe peu, car tous ont accès à l’école. Toutefois, les personnes faiblement alphabétisées se heurtent, dans leur langue maternelle, à d’importantes difficultés à lire, à écrire et à calculer dans la vie de tous les jours lorsque le texte n’est pas clair et familier. Elles ne maîtrisent pas suffisamment le code écrit pour être fonctionnelles dans le quotidien (ex : prendre un message téléphonique ou la date d’un rendez-vous). L’analphabétisme entraîne des conditions de vie difficiles pour ces personnes.

 

Les niveaux de compétences :

  • Niveau -1 : la personne n’a pas atteint le niveau 1 et possède des capacités nulles ou très faibles.
  • Niveau 1: capacité de lire un texte court et d’y repérer un élément d’information semblable à l’élément demandé; niveau très faible, considéré comme analphabète.
  • Niveau 2: capacité de comparer des renseignements tirés de textes incluant certains éléments de distraction et de faire des déductions simples; niveau faible, considéré comme analphabète fonctionnel.
  • Niveau 3: capacité de lire un texte relativement dense et long, d’y repérer plusieurs éléments et de les apparier en faisant des déductions simples; niveau souhaitable pour suivre le rythme des changements caractérisant la société actuelle.
  • Niveaux 4 et 5: capacité de faire des déductions complexes et de traiter des renseignements abstraits dans des textes relativement longs.

STATISTIQUES

Au Québec

  • 1 adulte sur 5 a des difficultés majeures en lecture
  • 1 million d’analphabètes au Québec
  • Seulement 3% des analphabètes reçoivent l’aide nécessaire
  • 31 % des analphabètes sont des personnes immigrantes

 

Statistiques selon le niveau d’alphabétisation* :

4.1%

des adultes n’atteignent pas le niveau 1 (analphabètes)

14.9%

se situent au niveau 1 (analphabètes)

34.3%

se classent au niveau 2 (analphabètes fonctionnels)

46.8%

se placent aux niveaux 3, 4 et 5.

Le taux d’analphabètes selon l’âge :

10%

ont de 16 à 25 ans

39%

ont de 26 à 46 ans (en âge d’être parents)

51%

ont de 46 à 65 ans

 

Dans la MRC de L’Assomption :

35%

de la population de 15 ans+ n’a aucun diplôme de niveau secondaire (2001)

*Ces statistiques découlent du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) qui a permis de publier une enquête hautement détaillée qui porte sur les compétences en lecture, écriture, calcul et résolution de problèmes dans des environnements technologiques chez les adultes âgés de 16 à 65 ans, dans 24 pays, dont le Canada. Ces compétences essentielles servent d’assise au développement d’autres aptitudes, d’un ordre plus élevé, lesquelles sont nécessaires pour la vie à la maison, à l’école, au travail ainsi que dans la collectivité. Parmi les 27 000  Canadiens âgés de 16 à 65 ans qui y ont participé, 5 900 étaient Québécois.

CAUSES DE L’ANALPHABÉTISME

La condition d’analphabète chez une personne résulte de différentes causes qui sont généralement reliées entre elles. Ensemble, elles créent une série d’obstacles souvent insurmontables pour la personne concernée.

  • Faible scolarisation des parents
  • Absence de livres à la maison et manque de stimulation quant à l’importance de la lecture
  • Échec et décrochage scolaires
  • Conditions de vie difficiles et pauvreté
  • Troubles d’apprentissage
  • Obstacles à la formation
  • Problèmes relatifs à la gestion des programmes offerts et aux conditions d’accessibilité
  • Contraintes et impératifs familiaux
  • Dispositions personnelles des individus, selon les expériences d’apprentissage passées (par exemple, un échec scolaire)
  • Vision pessimiste et faible estime de soi
  • Manque de confiance en sa capacité à apprendre
  • Manque d’argent (situation précaire, en mode survie)
  • Conflit d’horaire avec un emploi rémunéré
  • Éloignement géographique du lieu de formation
  • Préoccupations liées au programme lui-même : durée, degré de difficulté, inquiétudes sur la capacité à travailler à son propre rythme et la pertinence des contenus proposés.
  • Difficulté à faire face aux changements
  • Honte de voir leur problème dévoilé aux autres

CONSÉQUENCES DE L’ANALPHABÉTISME

  • Capacité limitée à obtenir de l’information essentielle et à la comprendre
  • Chômage : le taux de chômage est de deux à quatre fois plus élevé parmi les personnes peu scolarisées que parmi celles qui détiennent un baccalauréat.
  • Revenus inférieurs
  • Emplois de qualité moindre
  • Accessibilité réduite à la formation continue et au perfectionnement professionnel
  • Précarité financière
  • Peu de valorisation de l’éducation et de la lecture dans la famille entraînant souvent la transmission intergénérationnelle de l’analphabétisme
  • Faible estime de soi pouvant entraîner l’isolement
  • Conséquences sur la santé : les personnes analphabètes subissent plus d’accidents sur le lieu de travail, prennent plus de temps à se rétablir et sont souvent plus enclines à faire mauvais usage de médicaments par méconnaissance des ressources du milieu de la santé et parce qu’elles ont de la difficulté à lire et à comprendre l’information pertinente (avertissement, posologie, contre-indication, etc.).

SACHEZ QU’UNE PERSONNE ANALPHABÈTE…

  • Avoue rarement éprouver des difficultés de lecture et d’écriture. Elle a honte de cette condition et se croit seule dans cette situation.
  • A généralement une faible estime de soi et se sent facilement vulnérable devant toute personne qu’elle considère plus « éduquée » qu’elle.
    Elle peut adopter une attitude de soumission ou agressive face à une situation qu’elle ne comprend pas bien.
  • A appris à utiliser quantité d’astuces pour masquer ses difficultés.
  • Éprouve souvent des difficultés de prononciation puisqu’elle n’a pas les connaissances requises pour discerner les syllabes que comporte un mot; elle prononcera donc souvent un mot comme elle l’entend.
  • Manque souvent du vocabulaire requis pour nuancer sa pensée.
  • Éprouve souvent des difficultés quant à la perception du temps et de l’espace.

⇒ Les fausses croyances sur les personnes analphabètes

Source : Fondation pour l’alphabétisation

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